Home / A la une / EDUCATION: Reprise des négociations, le blocus des enseignants !

EDUCATION: Reprise des négociations, le blocus des enseignants !

Après deux mois de temps mort, gouvernement et syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, étaient attendus, sur la table des négociations, le vendredi 8 mai 2020. Contre toute attente, les syndicats d’enseignants ont décidé de boycotter lesdits travaux. Raison évoquée par eux, le comportement peu orthodoxe du gouvernement qui aurait illégalement bloqué leurs salaires.

Dans la lettre circulaire n° 071 des syndicats signataires dont nous avons eu une copie, ils confirment la thèse du boycott. « Les syndicats, après avoir écouté le gouvernement sur l’objet de la réunion, ont décidé de n’engager aucune discussion avec lui sans le déblocage des salaires sur toute l’étendue du territoire. Les deux parties ont convenu de se retrouver ce lundi à partir de 12 heures. Toutefois, si les salaires ne sont pas débloqués d’ici là, les syndicats réitèrent leur position », peut-on lire dans la lettre des syndicats signataires.

Pour permettre aux élèves de reprendre le chemin de l’école, le gouvernement dirigé par Dr Boubou Cissé a décidé de rouvrir les classes pour le 2 juin 2020. Force est de reconnaitre que la marge de manœuvre se rétrécit au regard des derniers développement de cette crise. Un dialogue de sourd semble s’emparer de la crise. Il sied, avant toute décision allant dans ce sens, d’organiser une grande rencontre autour de l’école malienne agonisante. Selon plusieurs observateurs, l’éducation semblerait être reléguée au second plan.  Une crise de confiance s’est alors installée entre gouvernement et syndicats.

Incompris dans leur démarche et malmenés, les syndicats posent comme condition, le déblocage des salaires enseignants. Mécontents, ils le sont, parce qu’ils veulent l’application stricte d’une loi.

Les écoles ont été fermées depuis le 11 mars 2020 pour éviter une éventuelle propagation de cette pandémie. Cette mesure du gouvernement s’inscrivait dans le cadre des mesures visant à éviter une éventuelle propagation de la pandémie. Profitant de cette décision, le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé,ayant longtemps méprisé le monde enseignant, a bondi sur l’occasion pour appliquer la loi de la grève alors que lui-même foule au pied une autre loi de la République. Dans deux correspondances envoyées à ses structures déconcentrées, il a demandé de procéder à une retenue sur le salaire des grévistes. Ces retenues doivent se faire dans le strict respect des textes en vigueur. Mais la loi n’autorise personne à bloquer le salaire d’un agent en cas de grève.

Cette mesure du PM est perçue, pour beaucoup, comme un moyen d’ahaner la lutte des enseignants qui ne demandaient que l’application d’une loi votée à l’Assemblée nationale et promulguée par le Président de la République. Contre toute attente, le patron de l’hôtel des finances bloque le salaire des enseignants. Présentement, plusieurs enseignants continuent de raser le mur car ils sont à 2 mois sans salaire. Pour qui connaît la précarité dans laquelle les enseignants du Mali vivent, une telle décision rendrait l’équation difficile à résoudre. Le reste est connu de tous.

Avec cette nouvelle posture du gouvernement, les enseignants, tout en restant dans la légalité, ont entrepris plusieurs démarches pour être en possession de leur dû, sans succès. En dépit de l’intervention de plusieurs hautes personnalités du pays, la situation est restée intacte. Face au refus catégorique du gouvernement d’appliquer l’article 39 de leur statut, les enseignants ont adopté une position radicale. Qu’est ce qui pourrait expliquer ce mépris de l’élite politique envers les enseignants ?  En tout état de cause, l’éducation d’une nation n’a pas de prix.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 

About Aly Dolo

Check Also

RESTAURATION DES MALADES DU COVID 19 L’Afpromer veut jouer sa partition

A travers l’Association des femmes professionnelles des métiers de la restauration (AFPROMER) présidée par Mme …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *