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GAZ DOMESTIQUE Enfin la reprise fragile des opérations !

Sans aucun sous dans les poches, les sociétés de distribution de gaz domestique décident de rentrer dans leur boutique pour reprendre le service. Cela sur l’engagement du gouvernement de régler une bonne partie des factures impayées de 2019 avec la ligne budgétaire de 2020. Mais cette réconciliation, entre professionnels de gaz butane au Mali et le gouvernement malien, cache les germes d’une autre crise dans le sous-secteur du gaz domestique.

 L’annonce de la reprise des travaux de distributions du gaz a été officiellement faite aux hommes de médias, le mercredi 5 février 2020, par le président du Groupement des Professionnels de gaz butane au Mali, Oudiary Diawara, à la faveur d’un point de presse qu’il a animé au siège social de Sodigaz. Si cette reprise des opérations ne connaît, pour l’instant, aucune flambée du prix des bouteilles, le président du groupement précise aussi qu’elle reste timide et très précaire.

A l’en croire, la timidité dans la reprise des opérations s’explique par le fait qu’aujourd’hui aucune société de distribution du gaz n’a reçu un copeck de F CFA. « L’engagement du gouvernement, concrétisé par l’ouverture des crédits budgétaires, aboutissant à des mandats de paiement par le Trésor public, a permis à certains opérateurs de convaincre leurs partenaires (banques et fournisseurs) pour la reprise des opérations », informe le président du Groupement.

Par ailleurs, le groupement prend aussi l’opinion nationale et internationale à témoin sur le fait qu’en 2020 aucune piste de financement de la subvention n’est connue à ce jour. « Les crédits de 2018 et 2019 seront payés partiellement sur le budget de 2020, estimé à environ 5 milliards de F CFA sur les 7 milliards que l’Etat doit aux sociétés de distribution», regrette le conférencier qui estime que le mécanisme de financement des subventions par le gouvernement n’est pas adapté.

Selon le conférencier, la reprise des opérations est le fruit des accords obtenus à l’issue de rencontres et de dialogues avec les pouvoirs publics. « En substance, le gouvernement s’est engagé à régler une bonne partie des factures impayées de 2019 avec la ligne budgétaire de 2020 », explique Oudiary Diawara.

Le groupement rappelle que la crise qui prévaut dans le sous-secteur du gaz n’est nullement une grève encore moins une volonté délibérée de rétention du produit, mais juste une crise de trésorerie aigüe due au manque de paiement du différentiel de prix pendant toute l’année 2019.

Le groupement soutient le gouvernement dans la recherche de mécanismes plus efficaces de financement  du gaz et l’invite à accélérer le paiement des factures en souffrance pour permettre aux opérateurs d’approvisionner le pays, en prévision du mois béni de Ramadan.

Le groupement dénonce, par ailleurs, le comportement spéculatif de certains opérateurs du secteur informel, la passivité du gouvernement, des associations de défense des consommateurs et surtout de la population mue par la fausse conviction qu’un bon musulman ne doit pas dénoncer son prochain.

Il invite le gouvernement à interdire strictement l’importation frauduleuse et l’emplissage de vieilles bouteilles ainsi que leur transvasement qui constituent aujourd’hui un vrai  danger pour les consommateurs.

Youssouf Z KEITA

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