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GENERAL MOUSSA SINKO COULIBALY, PRESIDENT DE LA LDC « En matière de sécurité, l’année 2019 a été une année très difficile »

Général Moussa Sinko Coulibaly, président du parti de la Ligue démocratique pour le changement, a accordé un entretien au Journal Les Échos. A travers cet échange, il nous a livré ses préoccupations et ses attentes pour le bien-être des Maliens.

Les Echos : Que retenez-vous de l’année 2019 ?

Moussa Sinko Coulibaly: 2019 a été, une année difficile sur beaucoup d’aspects. Quand on prend les aspects sécuritaires, il y a eu trop de destructions. On a eu des villages qui ont été décimés. On a eu des populations qui ont été complètement décimées par l’insécurité. On a eu nos forces de sécurité et de défense qui ont payé un lourd tribut dans la défense du territoire national. En matière de sécurité, on a eu beaucoup de problèmes. Les populations ont senti que l’insécurité grandissait tous les jours. En matière de sécurité, nous pouvons dire que l’année 2019 a été une année très difficile. D’autres aspects encorecomme l’économie.On a senti que le pays tourne au ralenti. Tous les secteurs de développement économique connaissent des difficultés. Sur le plan économique, on peut résumer que, contrairement à ce que le gouvernement dit qu’il y a de la croissance, les Maliens ont plutôt senti de l’austérité, des manques d’opportunités économiques. Quand on prend le secteur de l’éducation, on a remarqué que nos enfants n’ont pas été à l’école. On peut dire que l’année a été très difficile, parce que les enfants n’ont rien appris. Le domaine de la santé a été caractérisé par les grèves à répétition dans les différents hôpitaux et les centres de santé. Là aussi, les Maliens ont manqué de minimum pour pouvoir se soigner. Quand on prend ces grands aspects de la vie de la nation, nous voyons plutôt que la situation s’est dégradée. L’aspect gouvernance, la corruption a continué à faire son œuvre. Le clientélisme, le népotisme, la gabegie au sommet de l’Etat sont devenus presque du sport au quotidien. Mais on peut trouver dans ces marres de désespoir, peut-être quelques lueurs d’espoir. L’année 2019 a été caractérisée aussi par une année d’éveil. Certes timide, mais un éveil de conscience. Beaucoup de Maliens ont compris que la source de nos problèmes, c’est nous-mêmes ;et qu’il va falloir qu’on se batte en interne pour essayer de trouver des solutions à nos problèmes. Et en réalité, la solution réside entre nos mains. C’est cette petite lueur d’espoir que j’ai marqué en 2019. Au moins, il y a eu cet éveil de conscience qui est là et qui peut être exploité afin de nous permettre d’arriver vers des solutions.

Les Echos : En cette nouvelle année, quelles sont vos attentes pour un Mali nouveau ?

M.S.C : En cette année 2020, nous voulons la paix, la concorde nationale, l’unité et la sécurité pour notre pays. C’est ce que nous demandons. Ce pays est divisé, les enfants de ce pays se battent entre eux. Il y a une guerre civile qui se vit dans le pays, mais on a peur de l’appeler ainsi ; les Maliens s’entre-tuent tous les jours. Mon vœu le plus ardent, c’est la fin de cette guerre civile et qu’à la suite, la sécurité et la paix reviennent sur l’ensemble du territoire national. Et qu’à partir de cette année tous les Maliens regardent dans une même direction, le Mali appartient à nous tous. Nous devons tous contribuer positivement à sa construction. C’est aussi un appel à tous les Maliens pour dire oui nous avons peut-être commis des erreurs par le passé, mais nous devons apprendre de nos erreurs et faire en sorte que ces erreurs ne se produisent plus. Et qu’on doit regarder vers l’avenir et non continuer à regarder dans les rétroviseurs. Pour réussir une année 2020, bonne et heureuse, il faut tout d’abord des changements au niveau de la gouvernance. Parce que nous pensons que la racine du mal est au niveau de la gouvernance. Les ressources de l’Etat sont dilapidées, utilisées pour des fins personnelles, tous les jours ; les premiers responsables de l’Etat sont plus préoccupés par leur propre confort que d’essayer de satisfaire les doléances ou les aspirations du peuple. Nous trouvons que c’est au niveau de la gouvernance qu’on doit apporter des changements. Cela est valable pour ceux qui sont à ces niveaux de responsabilités, mais aussi les politiques, de l’opposition et de la majorité, les organisations de la société civile, qui peuvent servir de porte-voix pour les populations. Pour permettre de faire en sorte que l’année 2020 soit une année de bonheur, les Maliens de l’intérieur et de l’extérieur doivent se sentir concernés par ce qui se passe au Mali. Ceux qui font des efforts doivent continuer à faire de même. Mais ceux qui, pour des raisons quelconques, attendaient, j’espère que durant cette année 2020, ils vont essayer de contribuer à la construction de l’édifice. Donc c’est un appel à tous les Maliens sans exception. De l’intérieur ou de l’extérieur, dite-vous que vous pouvez contribuer à la construction nationale. Que l’année 2020 soit le début de la refondation de la démocratie malienne. Une démocratie où il y a la justice, l’équité, l’équilibre, où tous les enfants du pays sont traités au même niveau. Qu’il y ait également une égalité de chance et d’opportunité pour tout le monde. Nous allons continuer à travailler pour le changement dans notre pays. Ce changement passera par un changement de comportement, de mentalité. Nous espérons que ce véritable changement et révolution dans les mentalités et comportements, va s’opérer cette année.

Les Echos : Pour atteindre ces objectifs, quel doit être l’apport de la population malienne ?

M.S.C : L’un des apports que l’ensemble de la population malienne peut adopter, c’est la prise de conscience individuelle ; que chacun se dise qu’il a une part de responsabilité. S’il y a une part de responsabilité, il doit avoir une part de solutions. C’est ce que nous demandons à tous les Maliens. Encore une fois, les Maliens ont confié la gestion de ce pays à des associations, à des organisations, à une administration, à un exécutif. Il doit être, à mon avis, à mesure de tout faire pour apporter des solutions au Maliens. À défaut d’apporter des solutions, nous demandons humblement à ceux qui ont été désignés comme responsables de dire oui nous avons été incapables, nous n’avons pas de solutions, de faire appel aux Maliens qui ont d’autres solutions à proposer et accepter de travailler ou de laisser la place à ces Maliens pour qu’on puisse définitivement sortir de la crise.
Entretien réalisé  par

Jacques Coulibaly

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