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LE CENTRE CARTER A PROPOS DE LA SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX Plus des 2/3 des engagements attendent d’être réalisés

Le centre Carter, l’observateur indépendant de la mise en œuvre de l’accord pour la paix de 2015 a rendu public son rapport de fin de l’année 2019. C’était le mardi 21 janvier 2020 à leur siège à Badalabougou.

Pour consolider la paix au Mali, le rapport épingle la stagnation globale du processus de mise en œuvre et appelle à des mesures fortes. Quatre ans et demi après la signature de l’accord, plus des deux tiers des engagements en matière et de sécurité attendent encore d’être réalisés. Les dispositions économiques de l’accord, comme celles relatives à la justice n’ont que faiblement retenu l’attention des parties prenantes. Le comité de suivi (CSA) principal organe chargé de superviser le processus de mise en œuvre, n’a pas tenu de réunion pendant tout le dernier trimestre de l’année.

Le rapport souligne que la communauté internationale s’est souvent concentrée, de manière disproportionnée, sur la situation sécuritaire, quasiment au détriment des fondements politiques, économiques et judiciaires de l’accord.

Les pratiques hésitantes des parties signataires ont été, selon le rapport, un autre facteur entravant les progrès. Les parties ont entamé des discussions sur pratiquement tous les points à partir de positions diamétralement opposées, nécessitant des négociations extrêmement longues pour surmonter des différences, même mineures. Des luttes intestines entre les ministères sur leurs rôles respectifs et un manque de prise de décision ont également entravé les progrès. Le rapport note que la création par le gouvernement, en octobre, d’une commission interministérielle chargée de coordonner la mise en œuvre et d’une commission mixte gouvernement/partenaires au développement, était potentiellement de bon augure pour une action plus efficiente à l’avenir.

Ledit rapport souligne que le lien établi entre le dialogue national inclusif (DNI) et la mise en œuvre de l’accord a dû ralentir le processus de mise en œuvre en 2019 ; La conclusion du DNI préconisant la révision de l’accord dans le cadre de l’article 65 de l’accord lui-même, a effectivement apaisé les préoccupations exprimées aussi bien par les opposants que par les défenseurs de l’accord. Le rapport note aussi que presque toutes les dispositions importantes de l’accord peuvent être mises en œuvre par le biais d’une législation sans modifications constitutionnelles.

Le rapport conclut par une série de recommandations visant à redonner de l’élan à la mise en œuvre et à la confiance du public dans l’accord.

Les membres du centre Carter, l’observateur indépendant de la mise en œuvre de l’accord pour la paix de 2015, recommandent au gouvernement de faire connaitre son plan de décentralisation, de rendre robuste le rôle des nouvelles commissions. Ils souhaitent aussi que la communauté internationale joue un rôle plus important dans la recherche de solutions aux blocages.

 Ils recommandent au gouvernement et aux mouvements d’expliquer conjointement les raisons de leur engagement continu envers l’accord. Pour eux, la question de la présence des forces armées et de services gouvernementaux à Kidal devrait être résolue rapidement ; et que le CSA (Comité de Suivi de l’Accord) devrait organiser des réunions de haut niveau entre le gouvernement, les mouvements signataires, et la société civile concernant l’inclusion des civils dans le processus de mise en œuvre et sur les questions d’accès à la justice et l’assistance humanitaire.

A rappeler que le centre Carter a été désigné comme l’observateur indépendant à la fin de 2017. Il est une organisation non gouvernementale à but non lucratif. Il contribue à l’amélioration de la vie des personnes dans plus de 80 pays en résolvant des conflits. Le centre Carter a été fondée en 1982 par Jimmy Carter, l’ancien Président des Etats-Unis, et Rosalynnn Carter, l’ancienne  première dame, en partenariat avec  l’université de Emory et ce, afin de promouvoir la paix et la santé dans le monde.

Korotoumou Diabaté

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