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LE TWITT DE LA PRISON « Le courage » de Tiégoum a pesé lourd à la barre !

Comme prévu, le procès de l’ancien Directeur de la Communication de la Présidence de la République du Mali, Tiégoum Boubèye Maïga, a eu lieu, le mardi 04 février 2020, au tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako. Poursuivi pour avoir « frauduleusement accédé au compte twitter de la Présidence de la République du Mali et d’avoir frauduleusement introduit des données au compte twitter de la Présidence de la République du Mali », l’accusé était face au Ministère public, à la barre. Au cours des débats, ses avocats ont largement vanté le courage dont il a fait preuve depuis le début de l’affaire, et sans lequel le procès n’aurait peut-être pas eu lieu.

A la barre, le mardi 4 février comme avant la « judiciarisation » de l’affaire que certains nomment comme étant « le tweet de la prison », le prévenu Tiégoum Boubèye Maïga resté courageux en reconnaissant être l’auteur du tweet incriminé.

Pour rappel, c’est sur auto-dénonciation que l’opinion nationale et internationale a eu connaissance de la source de provenance du tweet qui a failli créer un incident diplomatique entre le Mali et les USA.  Alors devant le juge, il a plaidé coupable mais par erreur de manipulation. Par ailleurs, selon Tiégoum, si les mises à jour du compte twitter avaient été faites, il allait difficilement tweeter.

Toutefois cette version du prévenu a eu du mal à passer auprès du Ministère public qui croit en la version intentionnelle des faits et qui a demandé au juge de retenir Tiégoum B. Maïga dans les liens de la prévention et de le condamner conformément à la loi.

Face à ce réquisitoire du Ministère public, Me Demba Traoré, un des avocats de la défense, a réagi avec plus d’arguments en réfutant toute éventualité d’accès frauduleux au compte twitter de la Présidence par l’accusé. « Cette affaire étale les insuffisances graves qui gangrènent notre première institution », a défendu l’avocat.

Mieux, Me Demba a fait l’éloge du courage de lion de l’accusé. « Si mon client n’était pas courageux, ce procès n’allait pas se tenir maintenant…. ».

Selon un autre conseil de la défense, Me Souleymane Soumountéra, un grand doute plane sur l’intention de l’accusé à Twitter sur le compte Twitter de la Présidence. « On reproche à notre client l’introduction frauduleuse dans le compte twitter de la Présidence de la République du Mali. Mais, je rappelle que nous sommes en matière pénale, l’enquête préliminaire réunie un certain nombre d’indices mais la dernière instruction se fait à la barre. Aucun élément du dossier n’a permis de démontrer que Tiégoum Boubèye Maïga a fait une introduction frauduleuse intentionnelle dans le compte twitter de la Présidence », a souligné Me Souleymane Soumountéra.

Selon lui, Tiégoum Boubèye Maïga a travaillé dans la cellule de communication de la Présidence et, à ce titre, il avait le compte twitter sur son appareil. « Normalement s’il est démis de ses fonctions, on devait déconnecter ce qui lui permet d’accéder à ce compte. J’ai l’impression que c’est ce qui n’a pas été fait, qu’on a cherché à couvrir. Mais malheureusement,  on s’y est pris très mal. Ce sont des choses de l’ordre de l’informatique, la traçabilité doit démontrer qui a fait quoi. Devant le tribunal aujourd’hui, on a eu à faire qu’à des déclarations de la partie qui accuse, qui est le Ministère public. La partie civile également n’a pas apporté d’autres éléments qui puissent emporter la conviction du tribunal.  On aurait aimé que le droit soit dit tout de suite. Nous souhaitons que notre client puisse être libéré des charges qui sont retenues contre lui », a-t-il dit.

 A l’issue des débats entre les parties, le juge a mis le délibéré au mardi 11 février 2020.

Youssouf Z KEITA

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