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MEDECINE TRADIONNELLE CONTRE LE COVID-19 AVEC LE PROFESSEUR ROKIA SANOGO « Ne nous précipitons pas pour donner le nom d’une plante, ou d’un médicament »

Prof Rokia Sanogo, enseignant-chercheure en pharmacie, USTTB, chef du département de la médecine traditionnelle, INSP, nous a accordé un entretien sur l’utilité de la pharmacopée. Experte de l’Organisation Ouest Africaine de Santé, Lauréate du Prix Kwame Nkrumah, l’Union Africaine pour les Femmes Scientifiques, Membre de l’Académie des Sciences du Mali et Coordinatrice du PTR Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaines du CAMES, elle s’est prononcée sur la place de la médecine traditionnelle pour le bien-être de la santé publique au Mali.

 Les Echos : Face à la pandémie, quelles sont les possibilités qui s’offrent à nous ? 

Prof Rokia Sanogo : Face à la pandémie du Covid-19, les possibilités qui s’offrent à nous sont principalement de deux ordres. Le premier niveau, c’est la prévention. Et le deuxième niveau, c’est la prise en charge. Nous, nous proposons, aujourd’hui, que la prévention se fasse à travers les ressources de la médecine traditionnelle. Quand nous parlons de la médecine traditionnelle, il s’agit des praticiens de la médecine traditionnelle. Là où nous sommes aujourd’hui, la majorité des gens pensent aux produits. Mais pour nous aujourd’hui, au premier niveau de la prévention, il faut impliquer les praticiens de la médecine traditionnelle. Ils constituent le premier recours en cas de problème de santé. Dans ce cas, au niveau de chaque hameau, village, quartier, il s’agit d’informer ces tradipraticiens de santé de la nouvelle maladie, de leur expliquer que nous avons à faire à une maladie qui se transmet très rapidement. Pour cela, il faut tenir des langages simples. Le tradipraticien de santé informé peut détecter les signes qui peuvent être associés au coronavirus et orienter directement ses patients vers les structures modernes. Il y a des plantes que les tradipraticiens de santé peuvent conseiller en dehors d’épidémie, quand il y a des changements de saison ou de mauvais vent. Par rapport à la prise en charge, quand une nouvelle maladie vient, on ne peut qu’utiliser les moyens que nous avons à disposition. Nous menons des recherches, nous sommes un centre de recherche sur les ressources de la médecine traditionnelle. Donc face à une nouvelle maladie, nous misons d’abord sur les résultats. Nous allons utiliser les résultats des recherches que nous avons à notre disposition. Présentement, les médicaments traditionnels améliorés que nous avons, nous pouvons proposer certains de ces médicaments qui vont contribuer à la prise en charge de la maladie à Covid-19 et cela, à trois niveaux. On peut proposer des médicaments qui peuvent agir sur les symptômes ; c’est-à-dire les signes qui se manifestent quand la personne est atteinte par le virus. On peut aussi proposer des préparations traditionnelles par rapport au renforcement du système immunitaire. Donc, la défense de l’organisme peut être renforcée par des plantes. Il y a également la prise en charge en atténuant ou en éliminant le virus. Là où nous sommes aujourd’hui, nous avons des préparations qui peuvent agir sur les symptômes. Nous avons des plantes qui peuvent agir sur les maladies virales en général. Mais on ne peut pas dire qu’ils peuvent éliminer le virus du Covid-19.

 Les Echos : Est-ce qu’il existe un protocole de traitement de la maladie à coronavirus à partir de nos plantes ?

Prof R.S : Aujourd’hui, nous devons retenir que la prise en charge actuel de la maladie à Covid-19 est basée sur des traitements non spécifiques du virus. Parce qu’aucun traitement spécifique n’a démontré son efficacité sur le virus pour le moment. Là où on est, dans le monde, les traitements efficaces sur le virus ne sont pas spécifiques. Dans le processus de fabrication de médicaments, on fait des recherches d’abord pour vérifier que le médicament va éliminer le coronavirus. C’est un processus de recherche qui va aboutir maintenant à mettre au point le médicament spécifique. Les médicaments antipaludiques sont spécifiques parce que la recherche a démontré que ces médicaments éliminent le parasite qui cause le paludisme. Donc, dans le cas du Covid-19, il n’y a pas encore les résultats de recherche pour dire que ce médicament élimine le virus. C’est pour cela aujourd’hui, à travers le monde, que les protocoles de traitement sont des protocoles qui sont basés sur des médicaments qui ne sont pas spécifiques. Mais ce sont des médicaments qui ont des propriétés antivirales, antipaludiques, antibiotiques, qui peuvent renforcer le système immunitaire ou qui peuvent agir que les symptômes liés au Covid-19. Nous avons beaucoup de plantes qui peuvent agir sur les symptômes par exemple la toux, les difficultés respiratoires, les fièvres. On l’a déjà fait dans le cas du VIH. On a des produits ici que nous avons proposé à associé aux ARV. On a proposé des produits qui ont permis de prendre en charge les symptômes, les affections opportunistes du VIH. C’est dans la même logique que nous pouvons proposer des médicaments traditionnels améliorés qui peuvent renter dans le protocole de prise en charge, au même titre que les autres protocoles. Oui, on a des propositions que nous pouvons soumettre pour la prise en charge, mais tout ce que le Département de la Médecine Traditionnelle (DMT) va proposer comme protocole sera un protocole validé par le comité scientifique national qui étudie tout protocole d’essai thérapeutique ou d’essai clinique avant qu’on donne le produit aux malades. Quand notre protocole sera accepté, c’est une prise en charge qui va se faire en collaboration avec les équipes de prise en charge au niveau des trois sites, c’est-à-dire l’hôpital du Mali, du Point-G et l’hôpital de dermatologie. Le département de médecine traditionnelle est une structure de recherche. Nous travaillons sur des plantes. Et donc on va offrir, dans le protocole, des plantes que nous avons déjà, issues de nos recherches et dire voilà qu’est-ce qu’il peut apporter aux malades.

Les Echos : Qu’est-ce que la pandémie a entraîné comme résultat en matière de recherche ?

Prof R.S : Avant que la maladie à Covid-19 n’arrive au Mali, au niveau du département de la médecine traditionnelle, certains tradipraticiens de santé sont venus nous voir pour dire qu’ils ont des propositions de solutions pour les signes de cette maladie. Donc, là où nous sommes, il y a des produits que les tradipraticiens ont amenés. Nous avons demandé à chaque tradipraticien d’adresser une correspondance au niveau du ministère de la santé. Et le ministère de la santé nous envoie ses informations, nous permettant de recenser officiellement les informations que les tradipraticiens de santé ou des personnalités qui veulent apporter pour contribuer à la recherche de solution. Une fois que nous recevons les courriels, nous appelons les tradipraticiens de santé ou la personne, on leur demande des informations. Un tradipraticien a une recette qui relève de son secret, c’est sa propriété, mais la recette est préparée à partir des plantes. Une plante n’est pas une propriété d’un tradipraticien de santé, donc nous avons demandé et nous avons obtenu la liste des plantes que les tradipraticiens de santé utilisent. Ils ont accepté de nous donner les noms des plantes et avec les noms des plantes nous avons mis en place, au niveau du département, une équipe du DMT, renforcée par des jeunes enseignants chercheurs de la Faculté de Pharmacie. Nous sommes en train de faire de la recherche sur ces plantes. Elle consiste à vérifier si ces plantes sont utilisées pour la prise en charge de certains symptômes de la maladie à Covid-19 et voir si ces plantes ont déjà fait l’objet d’études scientifiques. On est en train de réunir l’ensemble des informations sur les plantes. En plus de cela, nous sommes en train de vérifier s’ils sont antipaludiques, antibiotiques. Nous sommes en train de chercher à objectiver. Nous avons présenté un protocole de recherche ; on a été associé à un protocole de recherche qui a déjà été présenté pour financement. C’est un protocole qui a été proposé par le MRTC, centre de formation et de recherche contre le paludisme. Ce protocole de recherche va constituer à faire des investigations sur les médicaments antipaludiques et les plantes. Dans ce protocole, nous allons vérifier l’efficacité des plantes maliennes sur le virus, isolé chez les patients. Une fois que nous ferons cette recherche, nous pourrons dire oui ou non, si des plantes maliennes peuvent être testées dans ce protocole et vont avoir une efficacité antivirale, cette fois-ci sur le virus du Covid-19.

Les Echos : Quel est votre avis sur le résultat des chercheurs malgaches, à base de plantes, conte le Covid-19 ?

Prof R.S : Le département médecine traditionnelle est un centre qui existe depuis plus de 50 ans. Ce centre existe depuis 1968.A ce titre, c’est un centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé. Présentement, nous sommes un centre d’excellence de l’Organisation Ouest-africaine de la santé, l’OOAS, qui s’occupe de la santé des quinze pays de la CEDEAO. En outre, je suis coordinatrice du programme thématique de recherche sur la pharmacopée et la médecine traditionnelle de l’espace du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), c’est-à dire les 19 pays membres du CAMES, en Afrique. Quand il y a eu l’information de Madagascar, le secrétaire général du Cames m’a sollicité en tant que coordinatrice et il m’a demandé quel conseil je donnerais au Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de Madagascar par rapport à ce que le Président malgache a dit. J’ai dit ceci : je vais proposer au Ministre d’utiliser le produit selon un protocole scientifique validé, accepté par le comité scientifique et d’éthique. Parce que c’est la seule condition qui va nous permettre de donner des résultats fiables. C’est pour cela que j’aime dire à tous ceux qui m’appellent que ce n’est pas une course de vitesse. Ne nous précipitons pas pour donner le nom d’une plante, ou d’un médicament. Limitons-nous à donner les vertus thérapeutiques des médicaments qui pourront être utiles. Même si la préparation peut être efficace, le fait qu’on mette un discours politique devant et le fait de se précipiter à dire que ça soigne, sans les preuves, ça jette du discrédit. J’ai déjà écrit à mes collègues malgaches dans mon rôle de coordinatrice pour dire qu’on souhaiterait avoir plus d’informations. Parce qu’aujourd’hui, partout où, il y a une solution, notre souhait est d’avoir la solution pour les patients. Nous aimerons que les solutions africaines qui vont être trouvées, soient utilisables ailleurs. C’est la même chose que même par rapport à d’autres produits qui ont été signalés. Chaque fois que nous entendons, dans notre espace, des gens qui parlent de produits, même en dehors de notre espace, nous prenons les informations. Je trouve que c’est dommage qu’on ait diffusé une information avec le nom d’une plante et qui met les gens dans une course pour aller chercher ladite plante. C’est pour cela que je ne donne pas le nom des plantes. A mon avis, si on veut faire du bien à la santé publique, on doit éviter la propagation du virus, il n’est pas bon de donner des noms de plantes ou médicaments. Parce que c’est une pratique qui encourage l’automédication et l’automédication est la chose la plus dangereuse dans le cas de la maladie à Covid-19. Au Mali, c’est dommage de voir qu’on a eu plus de cas de morts. C’est après la mort qu’on a su que c’était le Covid-19. L’automédication contribue à cela. Chacun a sa solution à son niveau aujourd’hui. Tout circule à travers les réseaux sociaux, whatsapp, facebook.

Les Echos : Selon vous, Ségoufali, une plante de chez nous, peut-elle être utilisée pour le traitement efficace contre la pandémie de Covid-19 ?

Prof R.S : Là où on est, ce n’est pas l’information que nous devons donner. Personne n’a dit que Ségoufali est un médicament contre le coronavirus. Quand les gens ont vu l’image de l’Artemisia et les informations venant de Madagascar, les gens ont tout de suite dit que l’Artemisia est égale à Ségoufali. Les Maliens ont fait circuler que le nom bambara de la plante malgache l’Artemisia est Ségoufali. Ce qui ne correspond pas à la vérité. Mais personne, à ma connaissance n’a dit, au Mali que Ségoufali fait partie des traitements du Covid-19. Ségoufali est une plante qu’on trouve au Mali, qui est utilisée pour différentes pathologies qui n’ont rien à voir avec le Covid-19 parce qu’il vient d’apparaitre. La plante montrée par les malgaches entre dans la préparation du Covid-Organic. C’est une plante qui nous vient de Chine et qui est utilisée contre le paludisme en Chine. Le principe actif est l’Artémisinine. C’est une plante chinoise, on n’a pas le nom bambara. Ce n’est pas la seule plante utilisée par les malgaches. Ils ont dit que cette plante fait partie des plantes de leur préparation. Ils ont cité celle-là parce que c’est une plante qui est connue.

 Les Echos : Quelle est la place de la pharmacopée au Mali ?

Prof R.S : C’est le premier recours de santé au Mali. La pharmacopée occupe une très grande place au Mali parce qu’elle constitue le premier recours des populations. C’est la ressource la plus disponible au Mali, culturellement, géographiquement, économiquement. C’est la plus disponible que ça soit au niveau national, rural ou niveau urbain. C’est dommage qu’on n’investisse pas beaucoup d’argent dans ça. Il y a une bonne volonté politique parce qu’on existe comme structure nationale. On est dans un processus de devenir un institut national. Et une fois que qu’on va devenir un institut national, nous allons être dotés des moyens d’autonomie pour mener la recherche. Mais nous pensons qu’on peut faire mieux. Nous pensons qu’il faut mettre beaucoup plus de moyens à la disposition de la recherche sur la pharmacopée. Je crois que cette maladie de Covid-19 doit davantage nous réconforter pour nous appuyer sur la pharmacopée. Tous les médicaments antipaludiques, que ça soit l’Artémisinine ou la Quinine, proviennent de la médecine traditionnelle. Aujourd’hui, je pense que nous avons une grande richesse. Plus que jamais, je suis mobilisée pour faire des plaidoyers auprès de nos hautes autorités pour que l’Afrique mette les moyens dans la recherche sur la pharmacopée. Le centre du Mali est l’un des centres d’excellence dans la sous-région. On doit renforcer ce centre en ressources humaines, matérielles, financières pour que beaucoup de jeunes pharmaciens, biologistes, médecins et d’autres spécialistes puissent évoluer dans la recherche sur la pharmacopée. Aujourd’hui, pour la prise en charge des maladies émergentes et la maladie à Covid-19, je pense que la solution malienne comme la solution malgache ou d’un autre pays va être la solution africaine pour la lutte contre le Covid-19.

Les Echos : Quelles sont les maladies qu’on peut traiter à partir de la pharmacopée ? 

Prof R.S : Le Département de la Médecine Traditionnelle a beaucoup de résultats. Les premiers résultats sont les médicaments traditionnels améliorés. Il y a sept qui sont dans la liste des médicaments essentiels, c’est-à-dire qu’ils sont aux mêmes titres que les autres médicaments. On peut les prescrire aux patients. On a un antitussif, le sirop Balembo ; l’anti-diarrhéique et l’anti-dysenterique, le Dysenterial. On a une tisane antiulcéreuse gastrique  Gastrosedal ; une tisane hépatique, l’Hépatisane ; une tisane contre le paludisme, le Malarial ; une tisane laxative, le Laxa-Cassia ; une pommade contre les dermatoses la Psorospermine. En plus de cela, on a d’autres résultats qui, encore, ne sont pas sur la liste, mais on est en train de travailler là-dessus. On a de nouveaux produits contre le diabète, la Diabétisane, le Samanère qu’on est en train de proposer pour les affections hépatiques notamment sur les hépatites virales. On a le Fagara qu’on est en train de proposer également pour la prise en charge de la drépanocytose. On a un nouveau produit antipaludique qu’on appelle Sumafoura Tièmogo Bengaly, en tisane et en sirop Sumafura. On a fait un produit qu’on appelle Hypotisane contre l’hypertension, un produit qu’on a également pour la prise en charge de l’hypertrophie bénigne de la prostate, Prostisane Y. On a proposé un produit qu’on appelle le GMP pour la prise en charge du VIH. Toutes ces recherches sont menées, en partie, sur financement national, des organisations communautaires africaines et internationales, mais en partenariat avec des partenaires, les coopérations, les universités notamment européennes. On a assez de données qui méritent d’être valorisées pour faire des médicaments à bases de plantes. Nous, aimerions bien que les malades qui ont les hépatites virales, viennent consulter à temps au niveau du département, au lieu de la faire en dernier recours. Nous avons constaté souvent que les malades font le tour des structures de santé et souvent les spécialistes n’envoient pas vite les malades vers la médecine traditionnelle. Les plantes sont efficaces pour protéger le foie, ou même éliminer le virus de l’hépatite virale, mais les plantes sont moins efficaces quand c’est le cancer.

Les Echos : Quel est le rapport entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne ?

Prof R.S : L’un des éléments importants pour nous, c’est la collaboration avec le système de santé conventionnel, parce que chacun à un rôle. Il existe au niveau du département, les médecins qui consultent les patients, et selon les diagnostics nous avons les plantes. Mais tout travail que nous faisons, c’est une collaboration. Par exemple, sur la question du diagnostic, on collabore avec le système conventionnel. Nos médecins donnent des bulletins d’analyse biologique pour mieux comprendre et si c’est nécessaire, ils prescrivent des solutions du système conventionnel. Notre intervention, c’est pour l’intérêt du patient. Par exemple, les tradipraticiens de santé viennent chez nous pour que nous leurs délivrions des cartes professionnelles sur la base d’une collaboration avec le système conventionnel. Le seul objectif qui nous anime, c’est d’apporter des solutions aux malades. Les produits que nous donnons, ce sont des produits qui sont donnés sur la base de leur efficacité. Ce sont des produits qui vont contribuer à la phytothérapie. Il y a vraiment une collaboration et elle est effectuée avec les centres spécialisés. Présentement, on a une collaboration avec l’hôpital du Mali pour la prise en charge du diabète. Cette collaboration a initié avec le centre national de lutte contre le diabète. Donc on a mis au point un protocole qui est en train d’être exécuté en collaboration avec l’hôpital du Mali. Nous avons fait la même chose avec la prise en charge de la drépanocytose, des affections hépatiques. Aujourd’hui, tous nos médicaments qui ont été validé et qui sont sur la liste des médicaments essentiels, sont les fruits de la collaboration entre la médecine traditionnelle et les structures spécialisées.

Les Echos : Quel message avez-vous à adresser à la population, pour mieux lutter contre le Covid-19 ?

Prof R.S : En ce moment précis de la pandémie de Covid-19, nous aimerions inviter la population à observer les mesures barrières qui ont été données par les responsables sanitaires pour nous-mêmes, pour nos familles et pour notre communauté. Nous aimerions également profiter de cette occasion pour dire aux Maliens de ne pas paniquer, d’observer les mesures de prévention et de ne pas courir derrière les recherches de solution miracle. Il n’y a pas de solution miracle. Nous aimerions que la population se rassure et qu’elle adopte les mesures de prévention. Si elle a besoin de solutions qu’elle évite l’automédication et que toute solution de prise en charge passe par les structures spécialisées. Pour ce qui est de la médecine traditionnelle, nous invitons les gens qui ont des solutions à s’adresser à nous et qu’ensemble, dans une démarche, nous pussions voir si des solutions peuvent être utiles. S’ils ont des symptômes d’aller au niveau les structures de dépistage, qui sont au niveau des CSREF, et si jamais ils ont le virus, c’est avoir rapidement recours au système national de la riposte qui fait la prise en charge. Vraiment, nous invitons tout le monde à cela : ramener tout dans un cadre organisé, officiel. Comme ça, les solutions que nous allons trouver vont être des solutions nationales que le Mali pourra porter à la communauté internationale pour dire voilà, au Mali, on a pu avoir ces solutions.

 

Entretien réalisé par

Jacques Coulibaly

 

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